philippe's profileEspace perso de philippePhotosBlogGuestbookMore ![]() | Help |
|
|
September 30 deuxième chapitre !!!II
La nuit est passée… Longue et sans sommeil… Tom se sent vide. Il a tourné et retourné la journée précédente dans sa tête. L’alcool n’a eu aucun effet. Dévaster son appartement n’y a rien fait non plus. Au petit matin, il se retrouve assis sur le sol jonché de débris, le regard fixe, les poings serrés… Le son strident du réveil semble le ramené à la vie. Il prend une profonde inspiration et lentement se lève. Tel un robot, il se lave, se change. Il lui reste une chose : le job ! Son métier de flic… Olsky a échappé à la justice mais Tom est un flic et il doit faire son travail. Il se doit de mettre cet homme derrière les barreaux et il le fera même si le reste de sa carrière doit être motivé par cet objectif. Il le doit à toutes les victimes du Boucher. Il le doit aux futures victimes. Il le doit à sa femme et à ses filles… Enfin, il se le doit pour ne pas perdre sa foi en la Loi qu’il a juré de défendre. Pendant le trajet qui le sépare du commissariat, ses pensées sont silencieuses… Sa tête est vide… Lorsqu’il pousse la porte, les conversations cessent, les regards se fixent sur lui. On peut y lire, tour à tour, de la gêne comme de la pitié, de la peine comme de la honte. Dès qu’il est passé, les murmures vont bon train et leur nombre fait régner dans toute la bâtisse comme une rumeur, un grondement, assourdissant si l’on lui prête l’oreille. En prenant place à son bureau, il jette un œil vers celui de son patron. Il peut voir le procureur Di Melo accompagné de trois hommes d’âges différents mais tous trois très sérieux. Le Commissaire lance un coup d’œil en direction de Tom et il peut voir dans ce regard que les ennuis sont loin d’être terminés. Tom est le centre d’intérêt de toute la pièce, et probablement de toutes les conversations. Il le sait mais s’en moque. L’orage va s’abattre d’ici peu sur lui alors quelle importance… Son regard se pose sur le portrait de sa femme et sa fille qui trône sur son bureau. Il s’attarde dans cette contemplation l’espace d’un court instant puis tend sa main vers le tas de courrier déposé sur le coin de son bureau. Il en fait un rapide inventaire : prospectus des différents syndicats de la « maison », les différentes mutuelles, des notes de services concernant la marche quotidienne du commissariat… Bref, rien de vraiment palpitant. Mais une lettre attire son attention : c’est une enveloppe de petite taille, d’un papier de grande qualité et avec, comble du snobisme, un scellage à la cire. Il est marqué d’une simple lettre : un N majuscule… Alors qu’il va décacheter l’enveloppe, son patron se tient dans l’encadrement de la porte de son bureau et fait un signe de tête en direction de Tom lui intimant de le rejoindre. Il range la lettre dans son tiroir, se lève lentement de son bureau et se dirige vers celui du commissaire. L’assemblée s’est tue… Un silence pesant a prit ses quartiers dans la grande salle du commissariat. Avant qu’il ait atteint la porte du bureau, les trois hommes sortent et passent à côté de lui sans lui accorder le moindre coup d’œil. Quand Tom entre, il ne reste que le commissaire et le procureur. Ce dernier semble plus intéressé par la pointe de ses chaussures qu’à l’entrée de Tom dans le bureau. Son visage est blême. Le commissaire ne semble pas en meilleur forme. Ses yeux sont injectés de sang, signe qu’il a du faire sa grosse voix et s’être empêché de commettre un triple meurtre… Comme à son habitude lorsqu’il est confronté à des bureaucrates. « - Entrez, Mitchell… Et fermez la porte, lance le commissaire, d’un ton grave et monocorde. Di Melo n’a toujours pas levé les yeux de ses chaussures. - Asseyez-vous, ajoute le commissaire Tom s’exécute lentement. Il sait que ce qui va suivre se rapproche plus de la mise à mort que de la congratulation. Il a su que rien de bon n’allait résulter de la visite des trois « costumes sinistres ». Et le commissaire, au bord de l’explosion, ainsi que le procureur, plonger dans sa contemplation, ne font que le conforter sur cette voie. Bon nombre de fois, ces deux hommes ont couvert Tom quand cela était nécessaire. Jamais ils n’ont eu la moindre hésitation. Ils ont même risqué leur carrière un grand nombre de fois. C’est le commissaire qui ouvre le feu : - Je suppose que vous avez remarqué les trois… »Personnes » qui viennent de sortir de mon bureau Il enchaine sans attendre de réponse… Ce n’était d’ailleurs pas une question… On ne pouvait pas marquer de remarquer ces trois hommes en costumes de croque-morts… - Le FBI, ainsi que l’un des avocats d’Olsky. Il semble faire un effort terrible pour ne pas éclater… - Non content de l’injonction qui vous a été signifiée, les avocats d’Olsky menacent d’attaquer la ville ainsi que la police pour harcèlement, procédure injustifiée, diffamation… La liste est longue. Quand au FBI, il nous intime l’ordre de cesser toute investigation sur Olsky car il entre dans le programme de protection des témoins pour des affaires de corruption, entre autre, au sein de la police. Les affaires internes ont passé l’affaire au FBI… Le procureur et moi-même sommes convoqués pour interrogatoire… Quand à vous… - Laissez-moi deviner, interrompt Tom, je suis suspendu ? - Mise à pied sans solde pendant toute la durée de l’investigation du FBI… Les accusations sont tournées contre vous… Di Melo lève enfin les yeux et son visage est blanc comme la craie. Le commissaire reprend : - Vous devez me remettre votre badge et votre arme… Je suis désolé, Mitchell… Je ne peux pas vous aider cette fois. Tom se lève, décroche son badge de sa ceinture ainsi que son étui et les pose violemment sur le bureau. - Commissaire, vous savez que ce sont des conneries ! explose-t-il. Olsky se venge, c’est tout. Ca ne tiendra pas ! Je le sais… Et vous le savez ! - Bien sur que je le sais ! Seulement cette fois, il semble y avoir des preuves contre vous ! C’est du sérieux, Tom ! - Je ne vais pas me laisser faire, vous pouvez en être sur ! Le commissaire se dresse en s’appuyant sur son bureau : - Je vous déconseille de faire quoi que ce soit. Si Olsky ne fait que murmurer que vous l’avez importuné ou que vous vous êtes approché de lui à moins de cinq cent mètres, le FBI vous mettra en cage et jettera la clef… Tom tourne les talons et en ouvrant la porte, jette : - On verra… Et il quitte le bureau. Le commissaire se rue vers la porte, suivi de près par Di Melo. - Mitchell ! Hurle-t-il, Revenez ici ! C’est un ordre ! Mais Tom sort déjà de la salle, sans se retourner. Alors qu’il arrive sur le pas de la porte du commissariat, il remarque une voiture noire, aux vitres fumées. Il s’arrête et la fixe. La vitre arrière se baisse lentement, et le visage d’Olsky apparaît. Un sourire sadique barre son visage. Il regarde Tom et, lentement lève la main, mimant une arme et la pointe vers Tom, immobile au sommet de l’escalier extérieur du commissariat, et rabat le pousse comme le ferait un percuteur sur une arme à feu. Dans le même temps, la voiture démarre et quitte son stationnement, précédée et suivie par des véhicules de couleurs sombres, appartenant certainement au FBI. Tom suit des yeux cette sinistre caravane et continue de fixer la direction vers laquelle elle disparaît. |
|
|